Alors que la loi Duplomb a ravivé le débat sur les pesticides, cette fermeture interpelle. Cet été, le directeur général de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) a réaffirmé sa volonté d’arrêter une unité expérimentale dédiée aux abeilles, dénommée Apis (Abeilles, paysages, interactions et systèmes de culture).
Une décision « incohérente et totalement anachronique » pour la section CGT qui soutient les agents concernés. « Nous n’abandonnons pas la recherche sur l’abeille », défend Marie-Hélène Ogliastro, cheffe du département dont dépendait l’unité.
Pour comprendre ce qui se joue, il faut plonger dans l’organigramme touffu de l’Inrae. L’organisme emploie plus de 5 500 chercheurs et ingénieurs, mais également près de 3 000 techniciens, qui réalisent des expérimentations en lien avec des scientifiques, souvent au sein de laboratoires spécialisés. Depuis 2003, l’unité expérimentale Apis réalisait des expériences autour de la santé de l’abeille domestique.
Une dizaine d’agents — apiculteurs, spécialistes des pollens, botanistes — réalisait des expérimentations avec le concours de 200 colonies d’abeilles, sur 2 hectares du site du Magneraud, en Charente-Maritime. « Pendant plus de vingt ans, ils ont été très impliqués dans le développement de méthodes pour l’évaluation de la toxicité des pesticides », explique Axel Decourtye, directeur général de l’Itsap-Institut de l’abeille, un institut de recherche indépendant, gouverné par les apiculteurs professionnels.
« Il y a eu comme une volonté de laisser l’unité mourir à petit feu »
Mesure des effets des phytosanitaires sur les larves, usage de mini-capteurs pour suivre les trajets des butineuses… L’unité a été en pointe dans la connaissance du potentiel délétère des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs. « Les…
Auteur: Lorène Lavocat

