«Parce qu’ils croient entendre des messages divins, leurs oreilles restent sourdes à toute parole d’humanité».
Ce sont les mots de Stefan Zweig, immense intellectuel, écrivain juif et autrichien, qui a dû fuir l’Europe et la barbarie nazie dans les années 1930. Il s’est suicidé en 1942 au Brésil, durant la deuxième guerre mondiale, ne supportant plus la folie meurtrière qui embrasait son continent d’origine. Ses mots puissants résonnent avec force, alors qu’un génocide est en cours, justifié au nom de la foi religieuse. Ils pourraient précisément s’appliquer à l’armée et au gouvernement israéliens. Stefan Zweig pouvait-il imaginer que le fascisme et les pulsions de mort justifiées par la religion pourraient ressurgir de la même manière près d’un siècle après sa mort ?
Le quotidien israélien Haaretz révèle ce mardi qu’un journaliste qui soutient Netanyahou a ouvertement célébré le massacre de Rafah, qu’il a comparé au feu de joie de Lag Ba’Omer, une fête religieuse juive qui a lieu au mois de mai.
Le 25 octobre dernier, le Premier Ministre israélien Netanyahou lui-même justifiait le massacre au nom d’une prophétie religieuse, celle d’Isaïe : «Nous sommes le peuple de la lumière, eux sont le peuple des ténèbres… nous réaliserons la prophétie d’Isaïe». L’attaque sur Gaza était ainsi présentée comme une guerre sainte. Le Livre d’Isaïe est un texte de l’Ancien Testament qui évoque l’exil du peuple juif à Babylone et son retour en Judée pour reconstruire le Temple à Jérusalem. En termes religieux, cette prophétie est appelée «eschatologique», c’est-à-dire qu’elle renvoie à la fin du monde. Les juifs doivent reconquérir leur terre pour réaliser la victoire finale de Dieu.
Le 13 février le ministre d’extrême droite, Bezalel Smotrich, publiait une directive pour immobiliser les 1049 conteneurs de nourriture destinée au peuple de Gaza affamé. Une famine,…
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Auteur: B

