« Je n’ai même plus les mots pour qualifier ce qui se passe. » À l’autre bout du fil, Brice Gaillard n’en revient toujours pas. « Comment un rassemblement néonazi peut-il être accueilli dans un lieu culturel financé par de l’argent public ? » Premier secrétaire du Parti socialiste dans les Hauts-de-Seine, il s’oppose à l’organisation d’un événement initié par un groupe de réflexion identitaire aux idées xénophobes et climatosceptiques. Intitulé « France remigration, ouvrons le débat », ce supposé « colloque » doit se tenir samedi 31 octobre au sein de la Maison des arts du Plessis-Robinson, un établissement placé sous le giron de la municipalité.
À l’initiative de Brice Gaillard, dans un courrier adressé mardi 27 octobre au président de l’intercommunalité de Vallée Sud-Grand Paris, des élus écologistes, insoumis, socialistes et communistes dénoncent un événement visant à faire « la promotion de la “remigration” », un concept renvoyant « à un projet politique d’exclusion et de remise en cause de la place de certaines populations dans notre société ».
« Nous considérons qu’un tel événement n’a pas sa place dans un équipement culturel dont la vocation première est de promouvoir l’émancipation, la rencontre et l’accès de toutes et tous à la culture », écrivent-ils encore pour demander l’interdiction de cette journée.
Tous dénoncent la responsabilité du très droitier maire Les Républicains (LR) Philippe Pemezec, qui avait par ailleurs parrainé Éric Zemmour en 2022. Contacté par Reporterre, celui-ci n’a pas donné suite à notre demande d’entretien. Dans les colonnes du Parisien, la mairie du Plessis-Robinson indique avoir loué la Maison des arts pour un montant de 4 500 euros. « Notre ville est attachée à la liberté d’expression et se fie aux services de l’État », rétorque la commune.
Arguant qu’il représenterait…
Auteur: Fanny Marlier
