Bernos-Beaulac (Gironde), reportage
La chaîne humaine se fait et se défait, au gré des mouvements. Quand le soleil tape trop fort, de petits groupes improvisent des chants pour se donner du courage. L’ambiance est festive, mais la colère est palpable. « On est en colère, et ce n’est pas près de s’arrêter », hurle un membre du collectif LGV NiNa (Ni ici, ni ailleurs), poussé par les acclamations de la foule. Samedi 4 juillet au matin, des centaines de familles, enfants, élus et militants associatifs ont convergé vers le village de Bernos-Beaulac (Gironde), au cœur de la vallée du Ciron, pour s’opposer une nouvelle fois au projet.
Un lieu qui ne doit rien au hasard : symbole de la lutte contre la LGV, le Ciron est un affluent de la Garonne situé au carrefour des trois lignes qui relient Toulouse, Dax et Bordeaux, et dont le bassin versant devrait être traversé par 17 ponts et viaducs dans le cadre du chantier. « C’est un joyau de biodiversité symbolique de l’ensemble des atteintes à l’environnement de cette LGV », résume Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.
Une forêt de 40 000 ans menacée par la LGV
Car la rivière n’est pas le seul enjeu : la vallée du Ciron abrite l’une des plus vieilles forêts de France, une hêtraie vieille de 40 000 ans, ainsi que des espèces menacées comme le vison d’Europe, la loutre et la tortue cistude. « On est en train de détruire le vivant, et ça se passe sous nos yeux », s’énerve Julien.
Habitant de Bègles, dans l’agglomération bordelaise, il a parcouru 70 km avec plusieurs amis pour tenter de stopper le projet de LGV. « Le Ciron est un climatiseur naturel et un refuge de biodiversité. Avec les canicules à répétition, on ne peut pas les laisser détruire ça. »
Quelques centaines de mètres en contrebas, la fraîcheur du Ciron fait baisser l’air ambiant de quelques degrés. Sur les berges, des hêtres aux pieds…
Auteur: Amandine Sanial

