Un maire du Marais poitevin fait campagne pour sanctionner les pro-Duplomb

Amuré (Deux-Sèvres), reportage

Dans la tourbière d’Amuré plane une odeur d’humus. Les pas du nouveau maire sur le sentier s’entendent à peine tant le sol est gorgé d’eau. Entre les rideaux de frênes tissés de lierre perce l’éclat jaune des champs de céréales qui tapissent le Marais poitevin. Un rappel aux visiteurs que la zone humide est une oasis. « Une mégabassine est prévue à 500 mètres d’ici, se désole Loïc Michaud (sans étiquette). La loi d’urgence agricole facilite la construction de ces stockages d’eau et allège la protection des zones humides : ça pourrait signer la mort de notre tourbière. »

Pour protester contre l’adoption de ce texte en juillet — qui prévoyait également la réintroduction de pesticides interdits, dont l’acétamipride —, le maire a décidé d’organiser un vote sanction aux élections sénatoriales. Comme tous les maires et de nombreux élus des Deux-Sèvres, Loïc Michaud compte au nombre des 1 115 grands électeurs appelés à renouveler les deux sièges attribués au département dimanche 27 septembre. L’un des sénateurs sortants, Philippe Mouiller, ayant voté avec son groupe Les Républicains (LR) en faveur de la loi d’urgence agricole, le maire d’Amuré a lancé un appel à faire barrage à sa candidature, suivi à ce jour par une vingtaine d’autres votants à ce scrutin.

« Je ne suis pas encarté, sauf pour la défense du vivant »

Quand elle a surgi au début de l’été, l’idée n’a pas reçu un soutien immédiat : « On m’a dit : “Ça ne se fait pas les votes sanctions !” raconte le maire en mimant les offusqués. Moi, je me moque des convenances : je ne suis pas encarté, sauf pour la défense du vivant ! »

Natif de Mauzé-sur-le-Mignon, à un quart d’heure de tracteur de là, le Deux-Sévrien, fonctionnaire territorial de profession, a intégré le conseil municipal en 2014. L’année même où émergeait le projet de…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Sylvain Lapoix, Yohan Bonnet