Un mathématicien aurait partiellement décodé l’œuvre la plus énigmatique de la littérature

On se croit d’emblée en plein roman de Jules Vernes lorsqu’on entend parler de cet écrivain qui se pensait destiné à une gloire égale à celle de Victor Hugo et de Napoléon ; de cet homme qui, entre autres particularités, écrivait des livres que personne — mais vraiment personne — ne comprenait, était milliardaire et voyageait à travers le monde à bord d’une roulotte dont il était si fier qu’il est allé la montrer à Mussolini.

Raymond Roussel (1877-1933), véritable énigme pour tous ceux qui l’ont connu, se passionnait de jeux de mots : charades, anagrammes, rébus et homophonies lui ont de fait servi à écrire ce qu’on peut considérer être l’œuvre la plus énigmatique de la littérature. La critique a quadrillé cette œuvre d’autant d’hypothèses divergentes : tour à tour théorie du langage, ouvrage cabalistique, délire littéraire, puzzle de génie ou vaste blague, son mystère reste considérable malgré plus d’un siècle d’analyses.

Aussi peu compris du public que des éditeurs, Roussel a toujours publié ses écrits à ses frais.
Bibliothèque nationale de France

Un problème à résoudre

Ce personnage fantasque est pourtant l’une des figures tutélaires de courants littéraires majeurs du dernier siècle, tels le surréalisme et l’Oulipo. Son œuvre a également retenu l’attention d’influents critiques, notamment Michel Foucault, qui lui a même consacré un essai.

Dans un siècle largement fasciné par l’inconscient et le langage, l’œuvre de Roussel offrait aux critiques un objet d’étude privilégié. Son caractère incompréhensible provenait, pour les uns, de ce qu’elle exaltait l’écriture automatique, et pour les autres, l’autonomie du langage.

Mais certains l’ont plutôt considérée comme un problème à résoudre. C’est notamment le cas des écrivains Jean Ferry et Philippe G….

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Auteur: Sacha Tremblay, Doctorant en études littéraires, Université du Québec à Montréal (UQAM)

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