C’est un détail qui aurait pu passer inaperçu. Mercredi 21 mai, en amont du sommet mondial pour les océans, l’Unoc, le ministère de la Transition écologique adressait à tous les médias une « liste de recommandations de sujets » sur la préservation des mers.
Jusqu’ici, tout allait bien. Mais parmi les « interlocuteurs » mis en avant par l’exécutif, au milieu d’ONG comme Surfrider ou d’organismes de recherche tels l’Ifremer, figure une giga-entreprise, CMA CGM. Le groupe, troisième compagnie maritime mondiale, est également le principal sponsor de l’événement onusien : d’après les chiffres fournis à Reporterre par le service communication, CMA CGM a signé un chèque de 2 millions d’euros pour soutenir le sommet.
De l’argent contre de la com’ ? Car l’entreprise est citée trois fois dans le document du ministère — un traitement de faveur unique. D’abord pour son projet « piloter l’impact carbone en temps réel grâce à l’intelligence artificielle », puis pour son investissement dans les « carburants bas carbone » (des biocarburants controversés sur le plan environnemental) et enfin pour son engagement « pour la préservation de la biodiversité marine ».
Un géant maritime très polluant
L’armateur est pourtant loin d’être un champion en matière d’écologie. Le transport maritime est à l’origine de pollutions marines, atmosphériques et d’émissions de gaz à effet de serre. Le secteur est responsable de près de 3 % des émissions mondiales, soit autant que l’aviation.
Pour réduire son empreinte carbone, le groupe maritime français de transport de conteneurs et de fret mise tout sur le gaz naturel liquéfié (GNL), un gaz pourtant très néfaste pour le climat.
Sans oublier la faible participation du géant maritime au budget national : selon une mission de l’Assemblée nationale sur les profits exceptionnels liés notamment au Covid-19, le taux…
Auteur: Lorène Lavocat

