Adriers (Vienne), reportage
Quand le maire de la petite commune d’Adriers a appris la vente de la plus grande ferme de son village du sud de la Vienne, il n’a pas été surpris. « Nous savions que le propriétaire était en difficulté, précise Thierry Rolle Milaguet. Pour moi, les jeux étaient ouverts. »
En réalité, les jeux étaient faits. Pour les 629 hectares de terres d’élevage mal entretenues, un binôme formé d’un multimillionnaire sarthois et un agriculteur normand avaient déjà offert près de 4,3 millions d’euros, près du double du prix attendu pour ces terres par les locaux. « C’est incompréhensible », répète trois fois le premier magistrat avant de préciser la raison de ce prix faramineux : le projet n’est pas seulement agricole, il est aussi énergétique.
Les deux investisseurs misent en effet sur les énergies renouvelables : en parallèle de l’installation d’au moins deux agriculteurs, ils comptent couvrir une partie du terrain de panneaux photovoltaïques et installer des éoliennes.
Située au cœur de la Nouvelle Aquitaine, dans un triangle d’une heure de route entre Angoulême, Limoges et Poitiers, la petite commune (700 habitants) n’a guère besoin d’un surcroît d’électricité. Entre les bosquets vert sombre des vieux chênes qui couvrent les collines plantées d’éoliennes, on distingue sans mal le panache orgueilleux qui s’élève des deux tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Civaux, à une trentaine de kilomètres de là. Les offres de vente de terrain pour produire de l’électricité ne sont cependant pas rares dans ce coin où des dizaines d’éleveurs partent chaque année à la retraite et se retrouvent avec un tout petit pécule.
L’offre pour la ferme de la Combe coïncide même avec une mise à jour récente de la législation qui la promeut explicitement : paru le 8 avril au Journal officiel, le décret « relatif au développement de…
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Auteur: Sylvain Lapoix

