Gouvernement des lobbyistes de l’agro-industrie et des criminels contre le vivant

Il a osé le dire. Le 24 mai 2024, Julien Denormandie, l’ancien Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation était invité sur la chaîne LCP, et était interrogé sur la réintroduction d’un pesticide abominable : les néonicotinoïdes. Il assénait : «J’assume pleinement ma décision». Quand un politicien dit «j’assume», en général, c’est pour justifier une mesure particulièrement ignoble et violente. Cette ré-autorisation avait eu lieu en 2020, à la demande des agro-industriels du secteur de la betterave. Si un jour un tribunal juge les criminels contre l’écosystème, la phrase de ce ministre macroniste pourra figurer dans les chefs d’accusation. Explications.
L’extinction des abeilles est l’une des plus grandes menaces écologiques de notre temps. Les pollinisateurs sont essentiels à la reproduction des espèces végétales, base de toute la chaîne alimentaire. La réduction massive des populations d’abeilles est une alerte rouge pour les cycles du vivant.
Qu’est-ce qui fait disparaître en masse les abeilles ? Une classe de pesticides : les néonicotinoïde, distribués sur le marché depuis 1994. En quelques années, ces poisons sont devenus les insecticides les plus utilisés dans le monde. Ils sont d’une efficacité redoutable, puisqu’ils agissent directement sur le système nerveux des insectes, notamment des abeilles, et entraînent chez eux une perte de repères, une paralysie, puis la mort. Pour compléter ce tableau effrayant, les néonicotinoïdes persistent durablement dans les zones où ils sont pulvérisés, et se retrouvent dans le nectar et le pollen des plantes. Ce produit est donc un tueur de masse de butineuses.
On estime que 300 000 colonies d’abeilles disparaissent en France chaque année. L’exposition d’une butineuse à un milliardième de gramme d’un néonicotinoïde suffit à la désorienter,…
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Auteur: Phonax
