De la Chine à la Russie en passant par la Hongrie ou Israël, sans parler des États-Unis ou de l’Italie, partout les extrêmes droites prospèrent, les régimes illibéraux se renforcent, les agitateurs de haine ciblent les femmes, les pauvres, les personnes en situation de handicap, les étrangers, premières victimes de leurs politiques.
Une normalisation de l’intolérable est à l’œuvre, où la parole publique se décomplexe, s’inspirant des rhétoriques fascistes du passé.
Dans le nouveau monde qui se présente à nous, les faits n’ont plus de sens, le dérèglement climatique est nié et le capitalisme s’impose dans sa forme la plus prédatrice. Même le droit ne fait plus loi. « Nous sommes passés de la force du droit au droit de la force », comme le dit Bertrand Badie, qui s’inquiète à juste titre de voir les législations internationales bafouées, y compris par les grandes puissances dites démocratiques, et s’instaurer une logique de guerre.
En France aussi la tentation fasciste se fait pressante. Les attaques contre la justice et les juges par une large partie de la classe politique, faisant suite à la condamnation du Rassemblement national et de Marine Le Pen pour détournement d’argent public, n’en sont qu’une inquiétante manifestation.
Sur le même sujet : Le Pen : ce n’est que justice !
Ce numéro spécial de Politis (que vous pouvez dores et déjà commander sur notre boutique) réalisé avec la Fondation Copernic, se propose d’explorer les formes contemporaines de fascisation et les luttes qui s’y opposent. Parce que nous sommes en train de vivre un basculement et sommes déjà entrés dans ce qu’il convient d’appeler la fascisation du monde. Chacun cherche sa tronçonneuse, ce symbole qui avait précédé l’arrivée au pouvoir…
Auteur: Pierre Jacquemain

