Séville (Espagne), correspondance
« Je crois que le projet Gama a été paralysé par notre mouvement », se réjouit Patricia Coucheiro, de la plateforme Ulloa Viva. Portée par la multinationale portugaise du papier Altri, ce projet prévoyait d’installer en Galice, dans le nord de l’Espagne, une très grande usine de pâte à papier sur le cours du río Ulla, dans la comarque d’Ulloa.
Selon les opposants, elle aurait consommé de grandes quantités d’eau, pollué l’Ulla et la plus grande baie de la région, Arousa, tout en accélérant l’expansion de la monoculture d’eucalyptus. Mais habitants, associations et écologistes ont lancé l’un des plus grands mouvements sociaux que la Galice ait connu. Résultat : le gouvernement régional, qui avait promu le projet depuis le début, a annoncé qu’il serait « archivé », le 20 février 2026. Contacté, celui-ci n’a pas souhaité répondre aux questions de Reporterre.
« La Xunta [gouvernement régional] n’avait pas vraiment le choix. Le gouvernement espagnol avait laissé le projet sans argent ni électricité. Il est très difficile pour une installation de cette envergure d’agir dans ces conditions », explique Manoel Santos, coordinateur de la mobilisation pour Greenpeace Espagne.
La délivrance des autorisations est une compétence de la Région, dirigée par la droite. Mais les besoins en électricité de cette activité sont tels que l’usine aurait nécessité sa propre station de transformation. L’entreprise comptait aussi recevoir 250 millions des fonds européens du plan de relance Next Generation. Or ces deux points dépendent du gouvernement central, dirigé par une coalition de gauche menée par le Parti socialiste espagnol (PSOE). « Face à la pression du mouvement, le Parti socialiste de Galice a basculé dans l’opposition au projet et a dû dire au PSOE de Madrid : “Il faut s’y opposer” », analyse Manoel Santos.
Perte de…
Auteur: Alban Elkaïm

