Ouvrir des fronts de luttes inter-espèces
« Aujourd’hui, il y a une forme de vide entre l’antispécisme historique, issu de la philosophie morale et utilitariste, et cette valorisation de l’élevage paysan, présenté comme parfait. Il nous semblait qu’il y avait autre chose de plus fin à trouver » commence Vipulan Puvaneswaran pour La Relève et La Peste.
Les premiers, à l’image du philosophe utilitariste australien Peter Singer ou du français Jacques Derrida, ont développé le concept de sentience qui établit une corrélation entre la capacité à souffrir et celle à ressentir le plaisir ou le bonheur dont un grand nombre d’animaux serait pourvu, au même titre que les humains. Les seconds s’opposent à l’élevage industriel, sa chosification de l’animal, avec sa cohorte de violences et de maltraitance, revendiquant la posture d’une vie bonne pour l’animal d’élevage jusqu’à sa mort.
Vipulan engage la réflexion dans la concordance des luttes pour la condition animale avec toutes celles qui ont à voir avec les processus de domination des humains les uns sur les autres : égalité des sexes, antiracisme, handicap, LGBT, mais aussi de la domination du capital sur le travail qui réduit les humains à être les rouages d’un système productif.
Les animaux dépréciés dans le langage
Parce qu’ils sont utilisés pour déprécier les humains, les noms d’animaux expriment le mépris réciproque de ceux qu’ils désignent. L’animalisation, c’est ce procédé qui consiste à désigner les humains par des noms d’animaux pour les signaler comme pas-vraiment-humain, donc comme soumis à la domination.
On l’a entendu dans les discours de certains militaires pour nommer leurs ennemis. On entend encore des cris de singe dans les stades. On qualifie les femme de panthères, de gazelles ou de chiennes pour en faire des objets sexuels et dégradés.
« Dans les rapports sociaux, notons…
Auteur: Isabelle Vauconsant

