Un procès qui relève « de la science-fiction », selon son avocate, Delphine Combes. Philippe Delhomme, 60 ans, professeur de collège et opposant au chantier de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin, doit comparaître vendredi 18 avril devant le tribunal d’Albertville (Savoie). C’est une plainte de Telt, la société franco-italienne chargée de la construction de ligne et de son exploitation, qui le mène au tribunal.
L’objet de cette plainte ? Des propos tenus par le militant lors d’une manifestation le 5 octobre 2024 à Saint-Jean-de-Maurienne. « On n’a plus le choix, il faut qu’on aille vers le sabotage de ce projet », avait-il énoncé au micro devant les bâtiments de la sous-préfecture de Savoie. Tout en interpellant Xavier Darmendrail, directeur territorial de Telt, et en soulignant ses contradictions, alors qu’il vit dans une commune située sur le tracé de la ligne et dont l’approvisionnement en eau pourrait être menacé par le chantier.
Cette intervention au micro vaut à Philippe Delhomme d’être poursuivi pour avoir « directement provoqué à la commission de destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes » et pour avoir « révélé […] des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle permettant d’identifier ou de localiser M. Darmendrail […] aux fins de l’exposer ou d’exposer des membres de sa famille à un risque d’atteinte directe à la personne ou aux biens qu’il ne pouvait ignorer ».
Déjà relaxé en février
« On veut lui faire dire ce qu’il n’a pas dit, s’agace Me Combes auprès de Reporterre. Personne ne veut s’en prendre à M. Darmendrail, il n’a jamais été question de s’en prendre à lui physiquement. Quant au terme ‘sabotage’, M. Delhomme l’a utilisé en se…
Auteur: Raphaëlle Lavorel

