Mes nuits d’insomnies sont à Gaza, hantées par l’inaction et le sommeil de la raison. Je pars en Cisjordanie le 27 juillet, laissant aux plages les vacanciers amnésiques. Des amitiés à découvrir, une solidarité à dire, je laisse pour quelques jours les torrents occidentaux de dénis et d’abjections. D’ailleurs je suis « birdwatcher » et pas ornithologue mais c’était chouette dans le titre…
Jour 1
5h37 – Bethléem s’éveille aux incantations du muezzin, aux cloches de Sainte-Catherine, le mainate /martin triste (Acridotheres tristis) et la tourterelle maillée (Spilopelia senegalensis) sont dans les choeurs, au jardin. Le voyage par les collines et les peines, le long des murs, entouré de la bienveillance des habitants de ces terres en sursis, nous emmène aujourd’hui vers le sud, à Hébron. Chaleur, lumière et ombres à l’étape.
Jour 2
Du souk d’Hébron et de la vieille ville, vous trouverez des photos romantiques à foison. La réalité de la colonisation s’impose ici dans sa nudité et sa violence. De nombreuses rues et ruelles sont fermées par les sionistes des colonies qui se sont implantés par la force (à partir de 1993). Ils vivent aux étages supérieurs et déversent leurs déchets dans les rues encore accessibles. D’où la présence de grillages, de barbelés en tous genres et dans toutes les directions. Ces barrières hostiles surveillées par des miradors inquisiteurs (un soldat dans sa tour blindée me voit et me fait un signe de la main !) évoquent un passé pas si lointain dont les colons ne semblent pas se souvenir. Enfermement, camp, déportation, annexion. Une dialectique de l’expansion et de l’oppression. Hébron est une ville assiégée qui assombrit les regards. Ici, les oiseaux sont de mauvais augure.
Jour 3
Le tombeau d’Abraham, dans la grande mosquée d’Hébron, est une tragédie minérale qui illustre l’enjeu mortifère de ce territoire. Pour la maîtrise de son accès, des…
Auteur: dev

