Palme d’or
Anora, de Sean Baker
Une belle palme pour une tragi-comédie sociale furieusement drôle, et intelligente dans la représentation de l’opposition entre les riches et les pauvres. Avec en outre une jeune comédienne, Mikey Madison, très douée.
Grand prix
All We Imagine As Light, de Payal Kapadia
Le film de la jeune cinéaste indienne suit trois femmes liées d’amitié – deux infirmières et une cuisinière – travaillant dans un hôpital à Mombay, où elles sont chacune entravée d’une manière ou d’une autre. Du bleu nocturne de la capitale, elles passent aux bleus du ciel et de la mer, au sud du pays, et à sa terre rouge. L’horizon s’élargit au propre comme au figuré. Elles commencent, dès lors, à envisager ce qui pourrait être un avenir émancipé. Une belle œuvre subtile, qui mérite ce grand prix.
Prix du jury
Emilia Perez, de Jacques Audiard
Avec le prix collectif aux actrices du film (voir plus bas), Emilia Perez est particulièrement mis à l’honneur dans ce palmarès. C’est une bonne chose pour ce film enchanteur.
Prix de la mise en scène
Grand tour, de Miguel Gomez
En 1918, un fonctionnaire de l’Empire britannique fuit sa fiancée à travers le continent asiatique. Celle-ci, plus que décidée à se marier avec lui, se lance à sa poursuite. Miguel Gomez met en écho des images documentaires qu’il a prises lui-même avec son équipe lors d’un voyage en Asie, des épisodes fictionnels tournés ostensiblement en studio et un récit en off, qui ne correspond pas forcément avec ce qui est montré, dans toutes les langues des pays traversés. Le tout en ayant recours au noir et blanc charbonneux que le cinéaste portugais avait déjà utilisé dans Tabou (2012). L’effet poétique et politique n’est pas toujours au rendez-vous, ce qui entraîne parfois le film vers un esthétisme affecté.
Prix spécial du jury
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Auteur: Christophe Kantcheff

