La campagne simultanément orchestrée à l’encontre de la taxe Zucman et en faveur de la « TVA sociale » dégage un parfum fiscal d’Ancien Régime. En ces temps, les classes privilégiées ne payaient pas l’impôt. Elles étaient caractérisées, d’un point de vue économique, par la détention d’actifs fonciers, à l’origine de la rente foncière, prélevée par l’impôt acquitté par le seul Tiers État. Lors des États généraux, l’un des impôts les plus décriés était la gabelle, ancêtre de l’actuelle TVA, frappant les individus au premier centime dépensé.
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De nos jours, les nouvelles classes dominantes peuvent être définies par la détention d’actifs financiers, à l’origine de la rente financière, matérialisée par les dividendes prélevés sur la plus-value (au sens de Marx) engendrée par les travailleurs. Leur dessein est désormais de faire sécession quant au financement de la dépense publique, synonyme de socialisme. Tel est le sens du procès de la dépense publique, prononcé en agitant l’épouvantail de la dette publique, dont la sécession fiscale des classes riches est, hier comme aujourd’hui, la première cause.
L’impôt payé par les 1 800 premières fortunes de France ne représente que 27 % de leur revenu.
Alors que la Révolution projetait de faire participer chaque citoyen à la solidarité nationale selon sa faculté contributive, les « premiers de cordée » ne veulent plus payer pour leurs « sherpas ». Si ces derniers veulent une protection sociale, ils devront souscrire à des fonds de pension, comme tout bon capitaliste qui acquiert des actions, ou ils devront la financer par un impôt sur leur propre…
Auteur: Liêm Hoang-Ngoc

