En parallèle des assassinats perpétrés par le proto-État Hamas et des crimes de guerre de l’État d’Israël, nous aimerions revenir sur ce qui se passe aujourd’hui à partir d’une tout autre problématique que celle de l’État, étant bien entendu que nous sommes, dans l’absolu contre tous les États, ceux existant et ceux à venir. C’est pourquoi nous partirons plutôt de l’idée de tension entre individu et communauté, parce que si nous avons perdu le communisme et même son idée (n’en déplaise à Alain Badiou), il nous reste ça de notre passé encore « présentable ».
Peuple ou communautés ?
Les Juifs ont présenté cette particularité d’être un ensemble de communautés, éventuellement un peuple, même si tous ne sont pas d’accord là-dessus. Par exemple, Shlomo Sand, dans Comment le peuple juif fut inventé, cherche à déconstruire ce qu’il pense être une historiographie juive fondatrice. Mais ceux qui liraient ce livre seulement pour se rassurer que le peuple juif n’existe pas, puisqu’écrit par un intellectuel juif, voyant là le moyen de légitimer à rebours la cause du peuple palestinien, qui, lui, existerait bien, seront premièrement déçus puisque Sand dit lui-même dans son livre : « Tout grand groupe humain qui se considère comme formant un “peuple”, même s’il ne l’a jamais été et que tout son passé est le résultat d’une construction entièrement imaginaire, possède le droit à l’autodétermination nationale » (p. 390) ; et deuxièmement font fausse route, parce que le peuple palestinien est lui aussi « inventé », si on le juge à l’aune de la « pureté ». Les Palestiniens se perçoivent comme un peuple, ils sont donc un peuple et, comme peuple, ils ne sont ni plus ni moins inventés que le peuple juif.
Le propos de Sand n’est pas de contester l’existence d’Israël, mais de réduire à néant sa prétention à une légitimité préalable de quelque…
Auteur: dev

