Pas encore commencée, déjà empoisonnée. L’enquête publique sur la demande d’autorisation de création (DAC) du centre de stockage des déchets radioactifs Cigéo débute le lundi 18 mai 2026. Elle se tiendra pendant 45 jours dans les 56 communes situées dans un périmètre de dix kilomètres autour de la future installation.
En plus de la vingtaine de permanences prévues en mairies, deux réunions en ligne se tiendront les mercredi 3 juin et lundi 15 juin de 18 heures à 19 h 30. Sur le papier, tout semble en ordre pour franchir cette étape obligatoire avant le décret d’autorisation qui lancera la phase industrielle pilote, autrement dit de la construction des installations et du stockage des premiers colis de déchets radioactifs.
En apparence seulement : les autorités organisatrices — le préfet de la Meuse et la préfète de la Haute-Marne — se sont déjà mis à dos les associations d’opposants mais aussi des institutions telles que le Comité local d’information et de suivi (Clis) du laboratoire de Bure, le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN), l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (ANCCLI) et l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), pourtant pas connues pour être antinucléaires.
En cause : un calendrier unilatéralement avancé d’au moins trois mois — l’enquête publique était initialement prévue à l’automne — sur impulsion de Matignon, qui veut absolument signer le décret d’autorisation avant l’élection présidentielle de 2027.
« La décision, nous l’avons apprise par la presse »
Angélique Huguin, du Front juridique contre Cigéo, se souvient très bien de ce 13 mars où elle a appris la nouvelle. « La veille, nous avions organisé une réunion pour préparer les prémices d’une mobilisation pour l’automne. Et boum, nous…
Auteur: Émilie Massemin

