« Un passage en force » : la colère monte pour sauver le château d'eau du Finistère

Monts d’Arrée (Finistère), reportage

« Ici commence la mer », « L’eau, notre bien commun »… Ni les nuages qui chatouillent le sommet des monts d’Arrée et obstruent l’horizon, ni la vingtaine de gendarmes qui encerclent le secteur et enregistrent les plaques d’immatriculation des automobilistes ne sont parvenus à arrêter les manifestants. Dimanche 20 septembre, plus de 700 personnes, munies de dizaines de pancartes, se sont donné rendez-vous dans les monts d’Arrée, au cœur du Finistère, pour protéger l’eau.

« Quand on a appris ce qui se passait, on a trouvé cela préoccupant », rembobine au micro Jean-François Dumonteil, maire de La Feuillée, surplombant le public qui entoure le rond-point du Roc’h Trédudon, un des sommets situés à l’entrée des monts d’Arrée. Sa commune, ainsi que huit autres du secteur, ont appris au printemps qu’elles étaient dans le viseur du préfet du bassin Loire-Bretagne : l’État a en effet décidé de déclasser le territoire, jusqu’alors considéré comme « zone vulnérable aux nitrates », comme l’a révélé en juin au grand public le média local d’investigation Splann !.

Le classement, mis en péril aujourd’hui, permettait jusqu’alors de limiter l’épandage de lisier, à l’origine des excès de nitrates dans l’eau et des tristement connus échouages d’algues vertes sur les plages bretonnes.

Le territoire des monts d’Arrée est également connu pour être le château d’eau du Finistère. « L’eau d’ici alimente des centaines de milliers de Finistériens », rappelle Mélanie Thomin, députée socialiste du Finistère, devant la foule attentive. Autour d’elle, des dizaines d’organisations, armées de leurs fanions, ont répondu à l’appel à manifester des élus locaux : la Confédération paysanne, Les Écologistes, le Parti communiste français ou encore La France insoumise et l’Union démocratique bretonne (UDB,…

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Auteur: Chloé Richard