L’intrusion des Faucheurs volontaires d’OGM dans l’usine du géant de l’agrochimie BASF à Genay, au nord de Lyon, n’a duré que trente minutes le 23 juin. Cette « inspection citoyenne », comme la nomment les militants écologistes, leur a permis de découvrir un pesticide particulièrement toxique dont la production, le stockage et la circulation sont interdits en France. C’est ce que prouvent des photos du site de Genay publiées par Mediapart, où apparaissent des bidons de Fastac, un insecticide retiré du marché français depuis octobre 2020.
D’après ces photos, que Reporterre a également consultées, au moins une palette de 250 kg de Fastac, fabriquée en janvier 2025, était présente dans l’usine. Or, depuis un décret de 2022 de la loi Egalim, « la production, le stockage et la circulation des produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non approuvées » par la réglementation européenne sont interdits. Selon sa fiche technique rédigée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), le Fastac « peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires » et est « très toxique pour les organismes aquatiques ».
Importé d’Inde, un bidon de 50 kg d’alpha-cyperméthrine, la substance active du Fastac, a aussi été photographié sur les lieux. Ce qui laisserait supposer que le Fastac pourrait être fabriqué sur le site de Genay.
Sollicité par Reporterre sur la présence de ce pesticide interdit dans son usine, BASF n’a pas répondu à nos questions. « BASF tient à réaffirmer que la société opère dans le respect des différentes réglementations qui encadrent son activité », nous a seulement indiqué le chimiste par e-mail.
« La fabrication ou la détention du produit Fastac ou de tout autre produit phytosanitaire contenant de l’alpha-cyperméthrine est illégale en France, y compris si ces produits sont destinés à…
Auteur: Moran Kerinec

