Pascal Praud, Elon Musk, Marine Le Pen, Donald Trump, Vincent Bolloré… Ils étaient tous et toutes à Caen samedi 21 mars pour le deuxième « carnaval antifa », à l’initiative des Soulèvements de la Terre du Calvados et le soutien de onze autres organisations dont Solidaires et le Planning familial. Dans une ambiance bon enfant, environ 1 000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé dans le centre de la ville normande, avec pour certains des masques à l’effigie de figures de l’extrême droite.
« Cette idée de carnaval, c’est pour mettre un peu de fête dans cette ambiance morose actuelle, explique Étienne, des Soulèvements de la Terre. Le carnaval, c’est assez inclusif, notamment pour les enfants. La politique de la ville à leur égard est détestable : un grand nombre d’enfants dorment à la rue, ou ont été récemment expulsés de leur squat avec leurs familles. »
Dans le viseur des organisateurs, le maire caennais de droite Aristide Olivier, élu dimanche, mais aussi la préfecture du département, qui a multiplié les expulsions durant l’année 2025.
Stéphane Bredin, préfet du Calvados, avait autorisé en amont la police nationale à filmer la manifestation à l’aide de trois drones. De quoi inciter les carnavaliers à se masquer.
Convergence des luttes
Partie de la place du théâtre pour se rendre sur le port en fin d’après-midi, la foule a traversé le centre historique de Caen, parfois à la surprise des badauds faisant leurs emplettes dans les rues piétonnes.
Parmi les organisations présentes, la Confédération paysanne a fait le déplacement en la personne de sa porte-parole du Calvados, Christelle Hie. « Nos deux secrétaires nationaux ont été placés en garde à vue il y a quelques semaines à Paris, dénonce-t-elle, en tenant fièrement le drapeau de son syndicat. La semaine d’après, ce sont 52 collègues qui ont connu le même traitement lors d’une manifestation non…
Auteur: Guy Pichard

