Bent Mountain, Newton et Elliston, Virginie (États-Unis d’Amérique), reportage
Avant la levée du jour, une personne s’est accrochée à un engin de construction sur le chantier du pipeline. À une quarantaine de minutes à pied, cinq personnes discutent avec un agent de sécurité installé dans son pick-up blanc. Ce 8 mai, le groupe est venu soutenir le militant, dans la commune d’Elliston en Virginie, dans l’est des États-Unis. « C’est important qu’on soit solidaire avec ceux qui prennent les risques les plus importants », indique Jeff, 54 ans. À ses côtés, trois personnes, proches de la trentaine, avec des masques, capuches et casquettes pour l’anonymat. Ce jour-là, le militant est resté attaché onze heures. S’il n’a pas été arrêté, des centaines l’ont été depuis le début des travaux en 2018.
La sirène d’un bulldozer retentit tandis que l’engin gravit les pentes. Des deux côtés du vallon, la forêt est coupée sur une cinquantaine de mètres par la bande de terre où passe le pipeline. Le gazoduc est bientôt terminé. Sur plus de 480 kilomètres, il doit acheminer du gaz de schiste jusqu’en Virginie pour approvisionner le sud-est des États-Unis. Avec un diamètre d’un mètre, il rejoindrait la catégorie des plus larges gazoducs du pays. Depuis le lancement du projet en 2014, le budget est passé de 3,5 milliards de dollars à plus de 6,6 milliards — en partie à cause des recours en justice et des amendes payées par l’entreprise.
Les opposants au pipeline ne prennent pas tous part à la désobéissance civile. Mais tous craignent pour leur sécurité. Ils mettent en avant les risques liés à la région. Le pipeline monte et descend sur les pentes raides des montagnes des Appalaches. La composition des sols et les importantes pluies peuvent provoquer des glissements de terrains. Le pipeline traverse également des zones sismiques.
« Que le pipeline traverse un seul de ces éléments est…
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Auteur: Edward Maille

