Le secrétaire d’État américain Marco Rubio en a fait l’aveu à des sénateurs républicains avant de tenter de rattraper sa bourde : le « plan Trump de paix en Ukraine » a été rédigé au Kremlin… Un indice avait mis ses destinataires européens sur la voie. Personne d’autre que Poutine aurait osé glisser parmi les vingt-huit points du document l’exigence de « dénazification » de l’Ukraine. La prétendue lutte contre le nazisme est le ressort principal de la propagande russe qui rejoue la « Grande Guerre patriotique » de juin 1941. Cette référence, qui trahit la véritable origine du texte, montre le degré de soumission de Trump à Poutine. Le reste est à l’avenant.
Poutine sort renforcé de cette séquence, et même encouragé par la menace de Trump de priver l’Ukraine en armes.
Le plan accorde à la Russie des territoires ukrainiens que l’armée russe n’a pas conquis, soit la totalité du Donbass, y compris l’oblast de Donetsk. Il exige une réduction drastique des effectifs militaires de l’Ukraine, et un engagement à ne jamais rejoindre l’Otan. Le plan va jusqu’à imposer à Kyiv des élections sous cent jours. En clair, l’Ukraine est livrée pieds et poings liés à la Russie. Ce « plan Trump » signé Poutine constitue aussi un défi à l’Europe. Car c’est l’Europe qui est la véritable cible, visée pour tout ce qu’elle représente de démocratique et de progressiste du point de vue des mœurs. Au passage, le plan se prononce pour l’amnistie totale de « toutes les actions commises pendant la guerre ». Viols et enlèvements d’enfants compris. Quant à l’Europe, elle est sommée, sans qu’on lui demande son avis, d’investir cent milliards de dollars dans la reconstruction de l’Ukraine.
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Auteur: Denis Sieffert

