« Un poète » mal armé dans l’existence



Un poète / Simón Mesa Soto / 2 h.

« Je suis un poète », dit Oscar. « Tu es un chômeur », lui réplique sa sœur. Il est vrai qu’Oscar, la quarantaine bien sonnée, vit encore chez sa mère, rechigne à rester enseignant et, par ailleurs, est juste toléré chez son ex-femme pour qu’il puisse voir sa fille, qui le méprise. Oscar avait pourtant bien commencé puisqu’il avait remporté des prix littéraires importants. Mais c’était il y a longtemps. S’il fréquente encore ses confrères à la Maison de la poésie, ceux-ci le tiennent ouvertement pour un raté.

Autant dire que l’existence d’Oscar n’est pas au beau fixe. Mais une éclaircie semble survenir quand il découvre le talent très prometteur d’une de ses élèves, Yurlady (Rebeca Andrade). L’adolescente appartenant à une famille nombreuse et pauvre de Medellín, il lui propose de l’aider, avec pour objectif sa participation à un festival de poésie.

Un poète, deuxième long métrage du Colombien Simón Mesa Soto, est un film intriguant pour différentes raisons. La première est qu’il entremêle les genres. Là où on s’attendait à ce que le naturalisme, avec son flot misérabiliste à peine allégé par des éclats de poésie, occupe tout l’espace, une forme de comique vient troubler la tendance au mélodrame. Le comédien incarnant Oscar en est le principal responsable. Avec son corps chétif et son visage rappelant celui d’un batracien, l’acteur non professionnel qui l’incarne, Ubeimar Rios, oscille entre le burlesque et le pathétique.

Poésie prétexte ?

S’y ajoute une dose de critique sociale concernant les mœurs littéraires. En particulier quand le poète le plus en vue conseille à Yurlady d’écrire des poèmes intégrant les discriminations dont elle est…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com