Nina et le secret du hérisson ***
d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli
Film d’animation franco-luxembourgeois, 1 h 18. À partir de 6 ans
Les gens se piquent d’avoir du cœur, mais ils n’aiment pas toujours caresser les hérissons. Mais comme Émilie Jolie, qui cherchait à rendre heureux l’animal épineux, Nina, 10 ans, chérit celui imaginé par son père. Ouvrier le jour, Vincent invente pour sa fille, le soir venu, des aventures à un petit hérisson qui découvre le monde.
Mais Nina sent bien que quelque chose cloche, lorsque son papa cesse de lui raconter des histoires avant qu’elle ne s’endorme. L’usine qui emploie Vincent a fermé depuis que son dirigeant est parti avec la caisse, avant d’être arrêté et mis derrière des barreaux. Pour venir en aide à son père, accablé par la situation, la fillette a l’idée, avec son ami Mehdi, de retrouver l’argent volé et caché dans son usine par le patron voyou.
Portée par l’esprit d’aventure du petit hérisson imaginaire créé par son père, Nina élabore avec Mehdi un plan pour détourner l’attention des adultes, notamment du gardien de l’usine, et de son gros chien.
Du Ken Loach à hauteur d’enfants. C’est ce que semblent avoir cherché à faire Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. Car on retrouve dans la dernière – et hélas ultime – collaboration de ce talentueux duo tous les ingrédients du drame social adouci par des ressorts de comédie familiale : la dureté de la vie et de ses injustices contraste ici, comme chez le cinéaste britannique, avec la tendresse des rapports humains. Après un début un peu erratique, les deux réalisateurs excellent ensuite dans le genre singulier du polar animé pour un public familial, qui a fait leur marque de fabrique avec Une vie de chat (nommé aux Oscars en 2012) et Phantom Boy (2015). Deux films qui détournaient les codes du thriller noir pour montrer la force d’âme d’enfants aux prises avec le…
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Auteur: Stéphane Dreyfus

