Le résultat du second tour des élections législatives place la Vᵉ République dans une situation institutionnelle inédite. Les partis politiques français vont devoir apprendre à manier le compromis et la négociation, nous explique le constitutionnaliste et spécialiste de la transition écologique Bastien François.
Reporterre — Le Nouveau Front populaire (NFP) est la force politique ayant obtenu le plus de députés à l’issue de ces législatives (178 sièges sans compter les dissidents). La coalition de gauche compte proposer un nom de Premier ministre. Mais leur majorité est très relative. Peuvent-ils réellement obtenir le poste ?
Bastien François — Ce n’est pas du tout réglé. Le Nouveau Front populaire est une coalition, et très vraisemblablement, le 18 juillet, lorsque l’Assemblée va se réunir, ses députés se répartiront entre plusieurs groupes politiques à gauche. Ce qui fait que le premier groupe politique en nombre de députés à l’Assemblée nationale sera sans doute celui du RN et peut-être que le deuxième sera le groupe Renaissance.
Dans une logique parlementaire, le président de la République doit s’adresser d’abord au premier groupe. Le RN dira probablement non. Puis il s’adressera au deuxième groupe par la taille — qui serait Renaissance. C’est de la politique fiction, mais Emmanuel Macron pourrait donc se permettre de contourner le Nouveau Front populaire. C’est d’ailleurs pourquoi il a dit qu’il attendait de voir la « structuration » de l’Assemblée pour « prendre des décisions ».
En l’absence de majorité claire, est-il possible de construire un gouvernement ?
Cela parait très compliqué de construire une coalition majoritaire. Que ça soit un premier ministre issu d’une alliance entre Macron et LR, ou de la gauche, il sera dans tous les cas très minoritaire. On peut imaginer un gouvernement minoritaire de centre gauche et centre droit, qui s’accorderait sur un…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Marie Astier

