L’année électorale 2027 fait peur. Elle fait peur à la gauche, et devrait être redoutée de tous les démocrates. Sondage après sondage, les oracles prédisent une victoire de Marine Le Pen. Certes, le pire n’est jamais sûr, et 2027 est encore loin, mais ce qui était impensable est devenu possible. La remarque, me direz-vous, est aujourd’hui banale. Mais on peut se demander si cette perspective ne nous aveugle pas sur le moment présent, et si l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir n’est pas déjà engagée en un processus lent et insidieux qui se diffuse comme un poison. Et pas seulement par la bataille des idées, mais bel et bien par des positions prises au niveau du pouvoir. L’exemple le plus flagrant, il faut le chercher évidemment au sein de la police. Au départ, bien sûr, ce sont des contagions idéologiques. Quand on entend Ciotti avouer qu’il « pourrait » contribuer à la cagnotte lancée par le zemmourien Jean Messiha en faveur du policier qui a tué Nahel, ou Bruno Retailleau dénoncer la « régression ethnique » des jeunes de banlieue, qui « ne sont français que par leur identité », on a, sans en retrancher une virgule, le discours de l’extrême droite. On aurait tort cependant de n’y voir que démagogie et électoralisme. C’est bien la vieille pensée coloniale qui s’affiche de nouveau. Ce colonialisme fondateur du Front national, quand le pétainisme n’était plus avouable. « Ils sont français comment ? », fait mine de s’interroger la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio. Le poison circule aussi dans la Macronie. Voir les discours qui stigmatisent les parents et leur promettent des sanctions financières.
On a l’impression d’une police qui ne répond plus qu’à ses hiérarchies intermédiaires ou à l’instinct de quelques-uns qui ne cachent plus leur engagement.
Mais nous ne sommes plus seulement aujourd’hui dans le domaine des…
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Auteur: Denis Sieffert

