Alixan (Drôme), reportage
Des bureaux vides, un parking à demi plein en cette mi-juillet, de la végétation jaunie par les canicules à répétition et le manque d’eau. Voilà le cadre choisi par la start-up Sesterce pour installer dans la zone d’activité de Rovaltain (Drôme) son « compute center », un data center spécialisé dans l’intelligence artificielle qui doit « renforcer les capacités françaises et européennes de calcul pour l’IA ». Sur une grille qui marquerait l’entrée du futur site, des militants ont affiché une banderole : « Assez-DC. Non au data center de Rovaltain ! »
Ces opposants au projet ont obtenu une victoire le 10 juillet avec la décision du tribunal administratif de Grenoble de suspendre le permis de construire obtenu par l’entreprise basée à Marseille. En référé, la justice a considéré que le projet, situé à deux pas de la gare de Valence TGV, aurait dû bénéficier d’une étude d’impact environnemental, étant donné sa taille.
Le coup d’arrêt pourrait n’être que temporaire pour Sesterce et son projet chiffré à 1,5 milliard d’euros, la justice n’ayant pas encore examiné le fond du dossier. « À ma connaissance, il s’agit de la première suspension en référé d’un projet de data center, ainsi que du premier recours pour un compute center », assure l’avocat Louis Cofflard, qui a porté le dossier.
Les besoins en électricité sous-estimés
Derrière ce recours se trouve un collectif de militants et d’associations, auquel participent Les Amis de la Terre et Attac, ainsi que des sympathisants des Soulèvements de la Terre. Alors que le permis de construire a été délivré le 18 décembre par le maire d’Alixan, Jean-Claude Duclaux (divers droite), l’existence du projet n’a été découverte que mi-janvier par les…
Auteur: Martin Delacoux

