Un projet photovoltaïque d'Enercoop électrise un village du Lubéron

Buoux (Vaucluse), reportage

« Alerte sur la biodiversité, Enercoop arrive », « Stop à la destruction des milieux naturels », « Écocide, valeur d’Enercoop ». Dans la soirée du 16 octobre, les banderoles ont fleuri en pleine nature, sur le plateau des Claparèdes, sur la commune de Buoux, 107 habitants, à quelques encablures d’Apt, la sous-préfecture du Vaucluse. C’est dans ce paysage de garrigue et de bois de chênes pâturés qu’Enercoop Paca veut ériger une centrale solaire en collaboration avec des éleveurs de chèvres, la famille Morard, et le Syndicat d’énergie vauclusien (SEV).

Le projet d’agrivoltaïsme dresserait des panneaux sur 7,4 hectares pour une emprise totale de 12 hectares, en tenant compte des obligations légales de débroussaillement pour prévenir les risques de feu de forêt. Les panneaux offriraient de l’ombre, retenant de l’humidité dans le sol, ce qui favoriserait la pousse d’une prairie où viendraient paître les 250 chèvres. La parcelle concernée est classée en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff), dans le parc naturel régional (PNR) du Luberon, reconnu comme réserve de biosphère et géoparc mondial (au titre du patrimoine géologique) par l’Unesco. Une dérogation préfectorale sur l’environnement serait nécessaire.

Affichant leur désapprobation, une centaine d’habitants venus de tout le Luberon ont répondu à l’invitation d’Enercoop à une visite de terrain pour présenter le projet. « Des panneaux, il n’y en a pas sur les toits et les parkings des supermarchés. Il faudrait déjà commencer par là. J’avais confiance en Enercoop, je suis désolée », dit une voisine à l’équipe d’Enercoop, qui se présente comme une « coopérative d’énergie renouvelable et citoyenne ». Une pétition initiée par le collectif citoyen Amilub a rassemblé plus de 2 800 signatures en un mois.

« Freins techniques et…

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Auteur: Maïté Baldi, Pierre Isnard-Dupuy