L’ESSENTIEL
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En novembre, un questionnaire sur les violences sexuelles sera adressé aux élèves de la maternelle à la terminale.
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Conçu par le ministère de l’éducation comme un outil de repérage, peut-il libérer la parole des victimes ?
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Le problème se situe souvent au niveau de la réception de cette parole, disent les recherches sur le sujet.
Le ministère de l’éducation nationale a annoncé qu’un questionnaire sur les violences sexuelles serait bientôt soumis à des millions d’élèves, de la grande section de maternelle à la terminale. Anonyme ou nominatif selon le choix de l’enfant, il est présenté comme un outil de repérage systématique.
L’intention affichée est claire : permettre à davantage d’enfants victimes de violences sexuelles de parler. Mais recueillir la parole d’un enfant et la faire réellement entendre sont deux opérations bien différentes.
Faire parler ne suffit pas
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) l’a dit : les enfants parlent, mais les adultes ne les protègent pas toujours.
Le problème n’est donc pas seulement celui du silence des enfants, c’est celui de la réception de leur parole par les institutions et les adultes qui les entourent. Dès lors, un questionnaire peut-il changer cette réception ? Peut-il transformer la manière dont les adultes perçoivent, ou non, les enfants comme des interlocuteurs crédibles ?
Cette question de la crédibilité n’est pas propre à l’enfance. Lorsqu’une femme adulte révèle des violences sexuelles, son témoignage est régulièrement discrédité. Pour les enfants, le doute est encore plus systématique : on les soupçonne de mentir sur tout et tout le temps.
Depuis 2022, je mène une thèse de sociologie sur le parcours de prise en charge des personnes mineures victimes de violences sexuelles et d’inceste. Mes travaux montrent que cette parole est prise dans un…
Auteur: Jeanne Devèze, Doctorante en sociologie, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)
