La victoire de Nicusor Dan, qui était loin d’aller de soi après un premier tour où il était arrivé loin derrière le candidat d’extrême droite George Simion, a réjoui et soulagé la plupart des chancelleries européennes. Mais les causes profondes de la progression de l’extrême droite n’ont pas disparu pour autant. La Roumanie reste travaillée par de profondes inégalités socio-économiques et par le mécontentement d’une partie significative de la population.
Le dimanche 18 mai, à la clôture du second tour d’une élection présidentielle à répétition, les deux candidats en lice – le maire libéral de Bucarest, Nicusor Dan (55 ans), qui se présentait comme indépendant et promouvait une critique pro-européenne du « système », et son adversaire issu de l’extrême droite, fervent partisan du mouvement trumpien MAGA, George Simion (38 ans), qui appelait pour sa part à renverser le « système » –, revendiquaient tous deux la victoire. Quelques heures plus tard, le décompte final entérinait le triomphe sans ambiguïté du premier, arrivé en tête avec 53,6 % des suffrages. Après avoir dans un premier temps reconnu sa défaite, George Simion déposait 48h plus tard un recours – rejeté – auprès de la Cour constitutionnelle pour obtenir l’annulation du scrutin en raison d’« ingérences extérieures », notamment de la France.
Comme plusieurs dirigeants européens, Emmanuel Macron a salué la victoire de Nicusor Dan dès la nuit de l’élection. En revanche, Donald Trump est resté silencieux, tandis que certains de ses proches, comme Elon Musk, ont remis les résultats en cause. L’ambassade des États-Unis à Bucarest n’a réagi que deux jours plus tard, par un bref communiqué mentionnant le président élu, sans le féliciter pour sa victoire. La Russie, dont les ingérences présumées avaient notamment conduit à l’annulation du scrutin en novembre 2024, a pour sa part qualifié les…
Auteur: Antonela Pogacean, Chercheuse au Centre de recherches internationales (CERI), Sciences Po

