« Quelle horrrreueur ! » – propos transi d’un bourgeois des beaux quartiers de Limoges, au soir du 17 octobre 2026, face au panache flamboyant de l’Hôtel de Ville en train de partir en fumée, au terme d’un assaut mémorable de la plèbe insurgée – refrain de la Marseillaise en prime – contre ce monument d’arrogance autant que de vanité, héritage infâme d’une IIIe République ayant piétiné les cadavres de la Commune, foulé le sang des colonies, adoubé le régime de la Collaboration.
De cris d’orfraie en hurlements, de boursouflures outragées en petites vertus effarouchées, de condamnations morales en compulsions de haine, la France a peur : c’est que l’Histoire n’a pas dit son dernier mot, dont cet octobre en flammes figure déjà comme un retour ardent.
Car c’est bien à Limoges que les émeutes du pain de septembre 1791, qui ont aussi lieu dans d’autres villes, préludent au soulèvement local du 27 février 1792, au cours duquel les ouvriers en armes envahissent la salle du conseil municipal. Accusé à raison d’affamer la population, par un détournement calculé du blé destiné aux habitants, Naurissart, le maire de l’époque, prend bientôt la fuite.
C’est à Limoges, dans le contexte consécutif aux journées révolutionnaires de février 1848 (qui mettent fin à la Monarchie de Juillet et portent au pouvoir une bourgeoisie républicaine s’empressant d’écraser les révoltes ouvrières de juin), qu’une Garde populaire, appuyée par une foule d’ouvriers rejoints pour l’occasion par le peuple insoumis des ponts de Vienne (les Ponticauds), marche le 27 avril sur la mairie, défendue par une Garde bourgeoise finalement désarmée par la foule au corps-à-corps. Le matin même, ses canons avaient été renversés au Champ de Juillet. À la faveur du pillage bienvenu de plusieurs armureries de la ville, la Préfecture est également envahie. Préfiguration éphémère d’un véritable…
Auteur: dev
