« Un système industriel » : pour ses chasses interdites, Olivier Bouygues risque 5 ans de prison avec sursis

Orléans (Loiret), reportage

Olivier Bouygues aime s’adonner à de prolifiques parties de chasse sur son domaine privé de 650 hectares, en Sologne. Mais il a une certaine « éthique de vie ». Au cœur de deux jours d’un procès en tout point exceptionnel, les 7 et 8 septembre au tribunal judiciaire d’Orléans, le milliardaire a nié, sans sourciller, les faits d’« atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée » qui lui étaient reprochés.

« Jamais, affirme-t-il, je n’ai incité » le système de destruction systématique des busards, buses variables, grandes aigrettes, chats forestiers et hérissons — des espèces protégées dont la chasse est proscrite — sur son domaine situé entre les communes d’Ardon et de La Ferté-Saint-Aubin (Loiret).

Alignés épaule contre épaule sur des chaises en plastique, ses cinq coprévenus se sont succédé à la barre pour plaider coupable. Oui, ils ont traqué des espèces qu’ils savaient protégées, durant la période où ils procédaient à des lâchers de canards et perdrix élevés par leurs soins pour servir de proies lors des parties de chasse du châtelain.

« Les faits sont occultes et d’une extrême gravité », a lancé la procureure, Emmanuelle Bochenek, parlant de « preuves irréfutables à l’encontre des six coprévenus » et « d’actes de cruauté envers des animaux », avant de requérir l’amende maximale pour ce type de délit à l’encontre d’Olivier Bouygues : 750 000 euros (plus 150 000 euros pour la société agricole qui encadre la propriété) assortis de cinq ans de prison avec sursis et d’une interdiction d’exercer toute activité agricole ou d’élevage en lien avec la chasse pendant cinq ans. Pour les gardes-chasse, elle a requis des peines allant d’un à quatre ans avec sursis et entre 5 000 et 20 000 euros d’amende, toutes assorties d’un retrait de permis de chasse…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Erwan Manac’h