Un tabou médiatique : les crimes d’Israël

Les téléspectateur·ices qui regardent « La Grande Librairie », le mercredi sur France 5, connaissent l’exercice. En guise de conclusion, Augustin Trapenard demande à l’un ou l’une de ses invité·es de prendre sa place et de dire, « droit dans les yeux », un court texte imaginé pour cette seule circonstance. Ce 9 septembre, le journaliste a cédé son fauteuil à la comédienne Adèle Haenel, autrice récente d’un premier livre (1). Celle-ci est connue pour sa parole franche (litote) et une irrépressible façon de casser les codes de la bonne société médiatique. Elle n’a pas déçu. Je n’en retiens ici que les mots qui ont fait scandale : « L’État d’Israël commet un génocide en Palestine, et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine. »

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Viser juste / L’Arche Éditeur.

Cette censure peut aussi nous inspirer une réflexion sur la place qu’occupe Israël dans la droitisation de notre paysage médiatique.

Holà Adèle, comme tu y vas ! « Génocide », « Israël », « sanctions », on n’est pas loin de l’apologie du terrorisme. France Télévisions a illico effacé de son site le replay de toute l’émission. Au passage, tant pis pour les autres invité·es, dont les auteurs et autrices d’un ouvrage collectif (2) écrit en réaction à la mainmise de Bolloré sur Grasset. Honni soit qui mal y pense ! Télérama a obtenu de la direction de la chaîne publique une explication : il n’y avait pas de contradicteur pour « contrebalancer » le propos d’Adèle Haenel. Nos amis d’Arrêt sur Images soulignent le double standard que pratiquent désormais les médias de service public, et l’extrême mauvaise foi des explications fournies.

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Auteur: Denis Sieffert