Une analyse détaillée du discours d’investiture prononcé par Donald Trump le 20 janvier dernier permet de mettre en évidence les points saillants de sa rhétorique, à la fois triomphaliste et teintée d’autoritarisme assumé, et d’y voir plus clair dans le programme qu’il entend mettre en œuvre – ce qui ne sera pas aisé tant le pays qui l’a élu de justesse est profondément divisé.
Dans son discours d’investiture du 20 janvier 2017, Donald Trump avait proposé un message populiste centré sur les griefs économiques et sociaux envers « les élites », qu’il accusait d’avoir mis en œuvre le « carnage » des « Américains oubliés ». Huit ans plus tard jour plus jour, le 20 janvier 2025, dans le plus long discours d’investiture des 40 dernières années, il a fait, au contraire, le récit d’une Amérique ambitieuse et triomphante, dont il serait à la fois le sauveur et l’incarnation victorieuse.
Le triomphe du héros martyr et messianique
La fréquence accrue des termes liés à la première personne (« je », « moi », « mon, ma, mes »), évoqués 50 fois contre seulement 4 en 2017, reflète la fusion assumée de sa personne avec la nation elle-même.
J. Viala-Gaudefroy, Fourni par l’auteur
Le président se décrit non seulement comme un héros-martyr qui a été « mis à l’épreuve et défié plus que n’importe quel président dans nos 250 années d’histoire » mais, surtout, comme le seul homme capable de résoudre les problèmes de la nation.
Il relie aussi tous les éléments de son histoire personnelle à une véritable mission divine. Dieu serait d’ailleurs intervenu le 13 juillet, jour de la tentative d’assassinat pendant un meeting en Pennsylvanie :
« J’ai été sauvé par Dieu pour…
Auteur: Jérôme Viala-Gaudefroy, Spécialiste de la politique américaine, Auteurs historiques The Conversation France

