La Hague (Manche), reportage
« Haro ! Haro ! No n’veurt dé vos ôtis à ma. » (« Au secours ! Au secours ! Nous ne voulons pas de vos outils de malheur. »). Écrit en 1971, le poème de Côtis-Capel contre l’usine de retraitement de déchets nucléaires de La Hague a retrouvé une certaine jeunesse, le weekend des 19 et 20 juillet, dans la pointe du Cotentin. De la langue normande au français, le cri du cœur du poète local a raisonné à Vauville, ce petit village de la nouvelle commune de La Hague.
Réunissant plusieurs milliers de personnes pendant trois jours, le joyeux rassemblement baptisé Haro ! a proposé à ses visiteurs venant de toute la France des rencontres, des activités, des tables rondes et des ateliers, du type « répondre à son tonton jancoviciste ». Le weekend a ainsi débuté avec la table-ronde « Déchets radioactifs : ce que le mythe du retraitement nous fait avaler », avant une rencontre avec Larbi Benchiha, documentariste réalisateur de Bons baisers de Mururoa. Cette première édition a illustré l’importance du collectif organisateur, Piscine Nucléaire Stop, dans la relève de la lutte contre le nucléaire.
« Heureusement que la nouvelle génération a une grande force et beaucoup d’optimisme »
Cet événement sonnait comme un appel au secours des habitants de ce territoire face aux investissements dans le nucléaire annoncés le 7 mars 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, dans le cadre du projet Aval du Futur.
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Pour un coût annoncé de « plusieurs réacteurs nucléaires EPR » selon Orano — les estimations tournent autour de 40 à 50 milliards d’euros —, la région devrait voir arriver une nouvelle usine de retraitement, une usine de fabrication de combustible nucléaire Mox (Mixed oxide fuel) et trois bassins d’entreposage de combustibles usés, les…
Auteur: Guy Pichard

