Henri Rivière. — « La marche de l’étoile – les soldats », 1890.
Ils appellent cela une « marche » – budgétaire, s’entend : chaque année, une rallonge, en application de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 qui remet progressivement les forces armées françaises au niveau. Et cette année, en supplément, une « sur-marche » s’y ajoute, au titre de la guerre en Ukraine, et des menaces à l’Est. Si bien que le budget de la « mission défense » — qui a longtemps tourné autour d’une trentaine de milliards — se retrouve pour l’an prochain à 57 milliards. Si on y additionne le volet habituel des pensions et retraites (9,6 milliards), on atteindra 68,4 milliards consacrés en 2026 au ministère des armées, en augmentation de 13 % sur l’exercice en cours, soit le deuxième poste de dépenses de l’État, qui dépasse pour la première fois les 2 % du produit intérieur brut (PIB).
Lire aussi « Le piège du grand réarmement », Le Monde diplomatique, avril 2025.
Depuis 2017, le budget militaire aura donc pratiquement doublé : « Les armées reviennent de loin », reconnaît le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mondon. Justification officielle à l’ajout des nouvelles « marches » budgétaires : une « accélération de la brutalité et de la désinhibition de l’emploi de la force », et la nécessité d’adapter plus vite l’outil de défense, en combinant la technologie et la masse, pour faire face à un engagement de « haute intensité », ainsi qu’à la contestation des espaces communs, et au recours à des stratégies hybrides, dans un moment de rivalités exacerbées sur toute la planète.
Changement d’ère
Faisant référence aux poussées de la génération Z en Asie ou en Afrique, le général Mondon, entendu en octobre dernier par la commission défense de l’Assemblée nationale, estimait que…
Auteur: Philippe Leymarie


