Quand il a planté dans les bacs de terre les graines de piment, de cacahuète et de gingembre, Omar* ne savait pas encore ce que cela allait donner. « Il faut voir avec la température de la serre, je fais des tests », souffle-t-il. L’association A4 (Association d’accueil en agriculture et artisanat), dont Omar est membre, s’est installée à Lannion pour transformer une ancienne serre industrielle de 3000 m2 en serre collective écologique et en lieu de mise en contact entre travailleurs saisonniers et employeurs.
La serre collective écologique à Lannion Ancienne serre industrielle de 3000 m2 gérée par A4 (Association d’accueil en agriculture et artisanat).
© Sarah Bos
Originaire du Soudan, Omar est maraîcher. Depuis son arrivée en Bretagne, en 2018, il est passé par des expériences professionnelles difficiles dans l’agriculture. « Tant que tu es bénévole, ça va, mais dès que tu es rémunéré, c’est compliqué, raconte-t-il. J’ai par exemple essayé de travailler dans la récolte du haricot coco, mais je n’ai fait qu’une seule journée, car l’agriculteur s’est montré harcelant. Il prenait les cocos et les jetait par terre, il me disait que les cagettes que je faisais ne lui plaisaient pas, et que si je n’étais pas content, j’avais qu’à partir. »
Et ce, avec des conditions usantes et contraires au droit du travail : les journées s’étendaient de 6 h à 18 h, en extérieur, sans pause, pour 60 à 80 euros net. Soit 5 à 6,50 euros de l’heure, alors même que le Smic horaire net est de 9 euros.
En finir avec la traite d’êtres humains
Cette situation n’est pas isolée quand il s’agit de l’activité agricole des personnes exilées, et notamment sans papiers. En Champagne, la saison des vendanges qui vient de s’achever a été marquée par l’ouverture de deux enquêtes pour traite d’êtres humains, à Nesle-le-Repons et à Mourmelon-le-Petit (Marne), où la préfecture a…
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Auteur: Sarah Bos

