La commission d’enquête sur la fixation des prix dans les hypermarchés a voulu employer des mots forts pour caractériser la gravité des problèmes révélés par six mois d’auditions et de contrôles. Initiée par le groupe écologiste pour faire la lumière sur la construction des prix, en particulier dans l’alimentaire, elle a rendu public son rapport ce 21 mai. « Pouvoir abusif » de la grande distribution, procédés qui menacent l’agriculture et l’industrie, « existence de pratiques prédatrices des distributeurs », « mécanismes de captation de la marge », « méthodes brutales » : les deux sénatrices à la manœuvre, la rapporteure Antoinette Guhl (écologiste) et la présidente Anne-Catherine Loisier (Union centriste) n’y sont pas allées de main morte pour décrire les mauvais comportements de la grande distribution face à ses fournisseurs.
« Nous connaissons l’économie, nous savons bien que le commerce est fait de négociations, que celles-ci peuvent être abrasives. Ce qu’on a découvert relève d’un tout autre monde, c’est un continent immergé. Il faut que les Français sachent ce qu’il se passe dans les boxes de négociation », a insisté Antoinette Guhl, au cours d’une conférence de presse, organisée ce jeudi.
La commission, qui indique avoir procédé à ses investigations ces six derniers mois « sans a priori », en écoutant près de 200 acteurs de tous horizons – grandes enseignes, enseignes…
Auteur: Guillaume Jacquot

