Peut-on encore sauver le soldat Ademe ? Régulièrement visée par la droite et l’extrême droite, l’agence — bras armé de la transition écologique en France — se trouve de nouveau en péril. Cette fois-ci, la menace prend la forme d’un projet de loi, porté par le gouvernement et examiné jeudi 7 mai par le Conseil d’État.
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Le texte « visant à renforcer l’État local » entend en effet revenir sur le fonctionnement des antennes locales de l’Ademe. D’après l’article 7, ces dernières seraient désormais rattachées aux directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et placées sous l’autorité du préfet.
« Un dispositif qui détruit l’Ademe sans le dire »
Une simple fusion ? « C’est un démantèlement qui ne dit pas son nom », accuse Véronique Caraco-Giordano, secrétaire générale du syndicat SNE–FSU. Car aujourd’hui, l’Ademe s’appuie sur son réseau régional pour identifier et soutenir des milliers de projets locaux en faveur de l’écologie. Réseaux de chaleur, décarbonation, lutte contre le gaspillage alimentaire… En 2025, 2,8 milliards d’euros de subventions ont été mobilisés au bénéfice des collectivités et des entreprises.
Une organisation « qui nous permet d’agir concrètement, pour le compte de l’État, aux côtés des élus et des chefs d’entreprise qui prennent le chemin de la transition écologique », selon le président de l’Ademe, Sylvain Waserman, interrogé par Les Échos.
« Un contexte de dénigrement incessant de l’Ademe »
Or, avec le projet de Sébastien Lecornu, les salariés de l’Ademe se trouveraient directement soumis au pouvoir hiérarchique des préfets. Avec un risque : que leurs missions soient dictées non plus par l’urgence écologique mais par les priorités du ministère de l’Intérieur.
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Auteur: Lorène Lavocat

