Lorient (Morbihan), reportage
« C’est le procès de l’agro-industrie », comme l’ont dit plusieurs prévenus. Lundi 15 décembre, au tribunal correctionnel de Lorient (Morbihan), douze hommes et femmes du collectif Bretagne contre fermes-usines étaient jugés pour avoir participé à l’opération « Yakari », une action de désobéissance civile non violente qui s’est tenue le 19 mars 2022 en Centre-Bretagne.
Banderoles, slogans… Une foule de 200 personnes était présente pour les soutenir sur les quais, à quelques pas du tribunal. Après une audience de près de dix heures, la procureure a requis 3 à 6 mois de sursis contre les militants.
Il y a plus de trois ans, une quarantaine de militants écologistes avaient arrêté, à Saint-Gérand, dans le Morbihan, un train transportant du blé destiné à l’alimentation d’animaux d’élevage. Les trappes de certains wagons avaient été ouvertes pour déverser sur le sol une partie des céréales transportées — 142 tonnes sur un total de 1 320 tonnes acheminées de la Beauce jusqu’à Saint-Gérand. Un mur de parpaings avait également été érigé face au train.
« Qui n’a pas autour de lui un malade du cancer ? »
Alors que l’élection présidentielle approchait, l’opération « Yakari » servait, dit le collectif, à alerter sur les dégâts causés tant sur l’environnement que sur la santé par l’agro-industrie. « Qui ne connaît pas quelqu’un autour de lui malade du cancer ? » a dit l’un d’eux, en référence aux ravages sur la santé des pesticides.
Face aux douze prévenus, une dizaine d’organisations représentantes du monde agro-industriel se sont constituées partie civile, parmi lesquelles : Sanders, la coopérative Le Gouessant, la Coopération agricole, l’association Nutrinoë et l’antenne départementale, ainsi que régionale et nationale, de la FNSEA, le syndicat productiviste majoritaire.
300 000 euros de dommages…
Auteur: Chloé Richard

