Une auto-organisation en jachère. Note sur le mouvement

Syndicaliste dans le secteur de l’éducation, Théo Roumier propose ici une réflexion sur les difficultés – mais aussi la nécessité – de l’auto-organisation dans le mouvement en cours en défense des retraites. Il n’avance pas de recettes miracles mais quelques éléments utiles pour la discussion collective entre celles et ceux qui font vivre la mobilisation.

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Depuis le 19 janvier, nous vivons ce qu’on a coutume d’appeler désormais « un grand mouvement social ». Il combine bien sûr plusieurs aspects de ceux qui l’ont précédé depuis 1995 : le blocage des flux économiques ; les grèves dans les transports et les raffineries comme points de ralliement, auxquelles s’est ajoutée celle du secteur des déchets ; la participation de la jeunesse scolarisée (jusqu’aux collégien·nes de Montreuil !)…

Mais l’auto-organisation est cette fois-ci globalement restée en jachère. Non pas qu’elle ait été totalement absente. Il ne serait pas correct de soutenir cette idée, pour les travailleuses et les travailleurs qui se sont quand même réuni·es, ont débattu, échangé, voté et décidé ensemble de la grève qu’elles et ils menaient. Parfois dans de petites entreprises, de petits services. Et sous des « formats » ne relevant pas nécessairement de l’Assemblée générale consacrée. Ce pouvait être en heure d’information syndicale pour le secteur public, et pas nécessairement le jour dit de la grève, ou bien encore en salle de pause, à la cantine… Même à l’occasion des manifestations, dans les cortèges de boîte, de gare, de service, d’établissement ou d’école où, entre les slogans, on se compte, on discute, on se donne rendez-vous. Cela a existé et il faut en tenir compte, le mettre au compte de ce qu’il y a de positif dans cette lutte.

Malgré tout, la responsabilité des révolutionnaires – à défaut d’avoir la vérité toute prête en poche – est au moins de ne pas se mentir. Et si…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

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