Madrid (Espagne), correspondance
On surnomme cette bactérie aquatique « mangeuse de chair », pour la spectaculaire nécrose des tissus qu’elle peut provoquer. Vibrio vulnificus peut se transmettre lors d’une baignade avec une plaie ouverte ou par la consommation de fruits de mer infectés crus ou peu cuits. Avec le changement climatique, elle trouve des conditions idéales pour s’épanouir en mer Méditerranée, particulièrement le long des côtes espagnoles.
« C’est une bactérie qui peut entraîner de graves infections, pouvant dans certains cas extrêmes évoluer en septicémie. Mais ces cas restent tout de même encore rares », tient à rassurer Carmen Amaro, professeure de microbiologie à l’université de Valence. Les personnes âgées ou celles souffrant de problèmes de santé sont les plus à risque, explique celle qui analyse la présence de cette bactérie sur la côte est de l’Espagne. Dans les cas bénins, elle peut provoquer de la fièvre et des gastro-entérites.
Une étude a recensé 167 infections par différentes formes de Vibrio — toutes n’étant pas aussi dangereuses — entre 2010 et 2023 en Espagne. Un peu plus de 2 % de ces cas seulement étaient liées à la bactérie Vibrio vulnificus. On sait par exemple qu’en 2002 un homme est décédé de la bactérie Vibrio vulnificus après que sa blessure est entrée en contact avec de l’eau de mer. Depuis ce dernier mort recensé officiellement, une autre personne a elle aussi été hospitalisée pendant deux semaines après l’infection d’une blessure sur une plage de la mer Cantabrique en 2007, mais s’en est sortie.
Une augmentation des risques
Les cas documentés en Espagne restent peu nombreux mais risquent de se multiplier, puisque la bactérie Vibrio vulnificus aime les eaux chaudes et modérément salées. On la retrouve principalement dans les estuaires et autour des lagunes où se mélangent eau douce et eau de mer.
« La Méditerranée…
Auteur: Romain Chauvet

