La plupart du temps, les représentations artistiques passées témoignent d’une représentation des milieux aquatiques comme recelant une ressource inépuisable. À l’heure où la réduction de l’impact de l’humain sur les environnements se révèle déterminante, comprendre l’évolution de nos relations aux milieux aquatiques et aux espèces qui les peuplent est un enjeu majeur pour leur conservation. Pour y parvenir, l’histoire de l’art nous fournit des clés.
Essentiellement lié au milieu terrestre, l’être humain est cependant familier des milieux aquatiques depuis des centaines de milliers d’années. L’Homme de Néanderthal a ainsi laissé derrière lui des coquilles d’huîtres et des restes de repas de poissons. Exception faite de quelques exemples emblématiques comme le saumon de l’abri du Poisson sur la Vézère (-25 0000 ans, Dordogne), des phoques et pingouins de la grotte Cosquer (-19 000 ans, Marseille) et les dauphins de la grotte genoise sur l’île de Levanzo (-10 000 ans, Sicile), les premières expressions artistiques de l’Homme occidental laissent pourtant peu de place à la biodiversité aquatique.
La plupart des indices sur la manière dont ces humains voyaient et interagissaient avec le milieu aquatique et ses habitants ont été vraisemblablement submergés par la montée post-glaciaire des eaux. Heureusement certaines périodes historiques nous ont légué des œuvres particulièrement abondantes. Par exemple, durant l’Antiquité grecque et romaine, les artistes ont été très tôt inspirés par la biodiversité aquatique. Les cités minoennes puis grecques, proches de la mer, ont créé une mythologie riche et diversifiée en créatures marines originales qui s’illustre par exemple par ce vase minoen typique orné d’argonautes, anémones et coraux (-3 500 ans) ou bien par les habitant d’Eretrie qui prirent la pieuvre comme emblème.
En Italie, on trouvait avant les Étrusques en…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Daniel Faget, Maître de conférences HDR en histoire moderne, Aix-Marseille Université (AMU)

