Marche blanche des kurdes et de leurs soutiens le lundi 26 décembre 2022 à Paris, en hommage aux victimes des attentats de 2013 et 2022. Crédit photo : Serge d’Ignazio. Image d’illustration
L’expérience révolutionnaire menée depuis 14 ans dans le Nord-Est de la Syrie est gravement menacée par l’agression militaire du gouvernement syrien dirigé par d’anciens djihadistes. Des caravanes de soutien s’apprêtent à sillonner l’Europe avant de rejoindre Kobane. L’une d’entre elles partira de Marseille.
Depuis le 6 janvier, l’armée du gouvernement par intérim de la Syrie, dirigé par d’anciens djihadistes, mène des attaques militaires préoccupantes sur les quartiers kurdes d’Alep, puis sur le Rojava, région du Nord-Est de la Syrie. Depuis 14 ans maintenant, une expérience révolutionnaire est menée dans ces territoires, qui mêle émancipation poussée des femmes, préoccupations écologiques, économie coopérative et démocratie directe via notamment des conseils de quartiers.
Si ce modèle reste fragile et soumis à de nombreuses contradictions (dépendance militaire, embargo économique, pressions régionales, témoignages publiés par Médiapart en juillet 2025 sur de graves violences sur des civil-es dans le cadre de la lutte contre Daesh), il est régulièrement cité comme une expérience politique atypique au Moyen-Orient.
Les récentes attaques signalées contre les territoires du Rojava interviennent alors que le pouvoir central syrien cherche à réaffirmer son autorité sur l’ensemble du territoire national. C’est donc une des plus importantes expériences en terme d’émancipation populaire dans le monde qui est aujourd’hui remise en question.
Depuis plusieurs jours, à Montpellier comme dans le reste de l’Europe, les manifestations de soutien se multiplient.
D’autant plus que l’Union Européenne a confirmé des financements du régime syrien à hauteur de 620 millions…
Auteur: Julien Servent

