Une chasse aux arrêts maladie abusifs ouverte sur le dos de salarié·es en souffrance

« Dans mon cabinet je reçois quotidiennement des patient·es qui refusent de prendre un arrêt maladie et ce même si je leur recommande » tempête Yohan Saynac, vice-président du syndicat de médecins généralistes MG France, après les annonces du Premier ministre. Jeudi 17 septembre, Sébastien Lecornu a assumé la volonté du gouvernement de réduire le coût des arrêts maladie, afin d’économiser deux milliards d’euros dans le budget 2027.

« Beaucoup de salarié·es viennent me voir et m’expliquent ne pas pouvoir arrêter le travail parce qu’ils·elles vont perdre trois jours de salaire, mais ils·elles me parlent aussi des conditions d’organisation dans leurs entreprises. Ils·elles s’inquiètent pour leur patron qui ne va pouvoir s’en sortir sans eux·elles, pour leurs collègues et me confie leur crainte de voir les tâches s’empiler à leur retour », détaille Yohan Saynac, médecin généraliste à Pantin en Seine Saint Denis, le département le plus pauvre de France métropolitaine. 

Je vois des salarié·es qui attendent de s’effondrer pour enfin s’arrêter. C’est terrible.

Y. Saynac

« Cela me fait mal au cœur de les voir refuser ces arrêts de travail, souffle le soignant. « J’ai conscience à chaque fois que leur décision va me compliquer leur prise en charge. Un patient qui présente, par exemple, des symptômes dépressifs en lien avec son travail, je sais que couper est la solution mais aujourd’hui je vois des salarié·es qui attendent de s’effondrer pour enfin s’arrêter. C’est terrible. »


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Auteur: Céline Martelet