Challet (Eure-et-Loir), reportage
« En vingt minutes, 157 bêtes en sont sorties. C’est un gîte remarquable, la plus grande colonie d’Eure-et-Loir, voire de la région Centre ! » s’exclame Patrick Mulet. Cet observateur passionné partage fièrement sa découverte, celle d’une colonie de noctules communes, parmi les plus grandes chauves-souris d’Europe, non loin du tracé du projet d’autoroute A154-A120. Celui-ci prévoit de construire plus de 60 km de nouvelles voies, menaçant 660 hectares de terres agricoles et 90 hectares de surfaces boisées.
La noctule commune est une espèce protégée, comme toutes les espèces de chauves-souris en France, et classée « vulnérable » au niveau national. Avec elle, ce sont plus de 570 espèces de plantes, dont quatre sont protégées au niveau régional (orchis pyramidal, anémone pulsatile, polystic à soies et scille à deux feuilles), qui ont été découvertes lors d’un inventaire de la faune et de la flore dressé pendant quatre mois par les opposants au projet autoroutier.
« Une découverte qui peut vraiment tout changer »
Plus de 200 militants ont répondu présent au rassemblement organisé le weekend des 13 et 14 septembre contre l’autoroute. À quelques mètres de la nationale 154 qui relie Dreux à Chartres, ils se sont abrités de la pluie battante sous un chapiteau bleu, érigé sur le terrain prêté par une agricultrice bio. Tous ont posé leurs yeux sur la vidéo en noir et blanc montrant les chauves-souris qui sortaient une à une d’une cavité dans un tronc d’arbre. « C’est une découverte qui peut vraiment tout changer », s’émerveille Caroline Duvelle.
« L’objectif de ce travail est d’avoir des arguments de biodiversité pour se battre en justice contre ce projet avant qu’il ne soit trop tard », explique le botaniste Christian Galand, qui s’est chargé de l’inventaire de la faune et de la flore. Il a parcouru champs, bois…
Auteur: Léa Guedj

