Une classe qui se tient pas sage

Tract distribué dans le mouvement lycéen à Rennes.

La vie qu’on nous promet est un cauchemar. L’école en est le début. À la maison il y a les darons, à l’école il y a les profs, au taf il y a les patrons et dans la rue il y a les flics. Ils veulent qu’on baisse la tête, contrôler chaque moment de nos vies, nous dresser comme des animaux. 8H – 18H sous 40 degrés, tout ça pour rentrer dans le moule du bon citoyen, du bon travailleur, du petit soldat prêt à se sacrifier.

Au bahut on apprend à rester assis toute la journée en fermant sa gueule, à ingurgiter la propagande de l’Etat – travail/famille/ patrie – aussi dégueulasse que la bouffe de la cantine. Dès le plus jeune âge on nous empêche de réfléchir par nous-même pour mieux nous conditionner à aller bosser. Et bientôt on devra marcher au pas derrière le drapeau bleu-blanc-rouge pour défendre les intérêts de ceux qui nous mènent à la guerre.

L’école, apprend aux riches à devenir des cadres efficaces et aux pauvres à leur obéir sagement. À nous mettre en compétition les uns contre les autres, à gagner les meilleures place en écrasant les autres. Et si on se révolte, qu’on refuse l’individualisme, la police attaque, mutile et la justice fout en taule. Déjà l’Etat fait des blessés graves, arrête en masse, colle des procès à tout va et menace de supprimer les aides sociales aux familles de ceux qui manifestent leur colère. Les syndicats et politiques cherchent à diviser le mouvement entre les revendications acceptables et ceux qui refusent l’immobilisme et luttent pleinement.

Alors voir des centaines de lycées bloqués, certains brûlés, des barricades enflammées, des condés qui se font bolosser, des pillages, des occupations, des feux d’artifices qui pleuvent, le son qui pète, des manifs sauvages, des gens qui débatent, qui s’organisent et refusent les leçons de morale, ça casse la résignation ambiante qu’on subit au quotidien. On…

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