Jean-Philippe Martin, enseignant en lycée à Montpellier, écrit en parallèle des bouquins d’histoire sur le syndicalisme paysan. En 2005 il publie une histoire de la Confédération Paysanne, « Une histoire de la gauche paysanne ». Suivront « Des mai 68 dans les campagnes françaises ? : les contestations paysannes dans les années 1968 », et « Des paysan.nes écologistes », qui s’éloigne du strict syndicalisme pour s’intéresser aux changements de pratiques dans la paysannerie depuis les années 60. Entretien sur le mouvement agricole en cours.
Le Poing : En quoi le mouvement social agricole en cours est-il exceptionnel ?
J-P M : Il est exceptionnel. Après c’est toujours pareil, il y a du neuf et de l’ancien. L’ancien, c’est que c’est un mouvement qui utilise des formes de luttes qui ont débuté en 1953 dans le monde agricole, avec des blocages de routes, même s’il n’y avait pas de tracteurs partout à l’époque.
Autre point assez traditionnel, c’est qu’on y interpelle les pouvoirs publics, qui sont sommés de résoudre la crise.
Un point qui est au final déjà vu, mais assez neuf dans la manière dont ça se présente, c’est que le mouvement est parti dans le Sud-Ouest à la base d’agriculteurs.trices assez hostiles à la direction de la FNSEA. [NDLR la FNSEA a obtenu 55,42% des voix des votant.e.s aux dernières élections des Chambres d’Agriculture en 2019, avec tout de même une abstention de 53,6% pour le collège des exploitant.e.s ; 212 000 adhérent.e.s revendiqués en 2016 sur environ 400 000 agriculteurs.trices]
Ce qui est assez étonnant, à ce stade en tout cas, c’est la capacité de la FNSEA à reprendre le mouvement en main, alors qu’il n’est pas issu de ses rangs et qu’elle cogère la politique agricole avec le pouvoir.
LP : On peut avoir l’image d’une FNSEA monolithique, qui travaille unilatéralement aux intérêts des gros poissons de l’agriculture et de…
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Auteur: Le Poing

