Les taux d’intérêt pour les emprunts des États continuent de flamber à des niveaux inédits depuis près de deux décennies. La France est particulièrement exposée à ce mouvement général. Ce lundi, le taux d’intérêt pour emprunts de 10 ans a dépassé les 4,50 % pour la première fois depuis l’été 2008, année de la grande crise financière mondiale. La progression donne le vertige, puisqu’il y a un an, l’État empruntait encore à un taux de 3,58 %. Cette pression ne concerne pas seulement les finances publiques mais se propage aux emprunts des entreprises et des ménages.
Cette fièvre sur les marchés obligataires ne concerne pas uniquement la France et touche nombre de pays. Le bon du Trésor américain (à échéance de 10 ans) a franchi hier les 5 %, alors que son taux était à moins de 4 % à la veille de la guerre contre l’Iran fin février. Le coût des emprunts allemands s’est lui aussi renchéri, dépassant les 3,5 %, contre 2,7 % il y a un an. « Il y a une remontée globale des taux. L’explication principale ce sont les craintes inflationnistes des marchés, en particulier la pression sur le pétrole, et dans ce cas-là il y a une anticipation de la plupart des investisseurs d’une hausse des taux des banques centrales, c’est-à-dire d’une politique monétaire plus restrictive », explique Maxime Menuet professeur d’économie à l’université Côte d’Azur, et enseignant à Sciences Po.
Les investisseurs…
Auteur: Guillaume Jacquot
